🇨🇲 « La musique parle pour moi », Interview avec Lawal Band

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Entre héritage familial, souffrances surmontées et passion dévorante pour la scène, Lawal Band est un artiste qui porte sa musique comme une nécessité vitale. Guitariste dans l’âme, héritier de Brassens sous les tropiques, il nous ouvre les portes de son univers avec une sincérité désarmante. Rencontre avec un musicien qui transforme chaque épreuve en mélodie.


Comment as-tu commencé la musique ? Quel a été l’élément déclencheur ?

LB : Issu d’une famille de musiciens, j’ai grandi entouré par le chant et la musique : mon arrière-grand-mère et ma mère chantaient, mon grand-père travaillait en chantant, et du côté paternel, je viens d’un royaume où l’art est une tradition. J’ai commencé la musique très jeune, bercé par les mélodies du quartier et les voix d’Africa Numéro 1. Ma rencontre avec mon maître de guitare, Oback Henri, m’a permis d’intégrer l’orchestre du Collège Vogt et de découvrir Georges Brassens, un déclic qui a fait de la musique ma voie. Mes amis m’appelaient « Lawal Brassens » ou « Brassens des montagnes » pour mes interprétations et mon amour de la scène, que ce soit dans les rues, les restaurants ou les cabarets. Aujourd’hui, Lawal Band est l’expression de cette passion qui ne cesse de grandir.

Qu’est-ce qui t’a inspiré pour écrire « Muchié » ? Le point de départ ?

LB : Ce qui m’a inspiré, c’est d’abord mon histoire. J’ai grandi presque seul. Mes parents vivaient séparément : ma mère était au village à Bameka et mon père vivait à Melong avec moi. Mais il n’était presque jamais là, car il passait la plupart de son temps en campagne et ne revenait en ville que le samedi pour faire le marché, avant de repartir très tôt le dimanche ou lundi matin. Très jeune, j’ai dû apprendre à me débrouiller seul. Parfois, je me demandais : si je ne suis pas un orphelin, alors qui suis-je vraiment ? Je n’avais presque personne à qui parler, personne sur qui compter au quotidien. Pour aller à l’école et acheter un simple cahier ou un crayon, je devais parcourir des kilomètres pour transporter de la canne à sucre et la vendre. C’était ma façon de gagner un peu d’argent et de continuer à avancer. Toutes ces épreuves ont forgé ma détermination et ma façon de voir la vie. C’est de là qu’est née mon inspiration : transformer cette solitude, ces difficultés et ce parcours en force, en message et en musique.

Te considères-tu plus comme un groupe ou comme un artiste ?

LB : Je considère Lawal Band comme un groupe, mais avant tout comme une vision que j’ai créée. C’est un projet auquel je crois profondément et que je porte avec beaucoup de détermination. Aujourd’hui, je suis celui qui impulse l’énergie, le travail et la direction, parce que je vois clairement le potentiel et la destination de cette vision. Peut-être que tout le monde ne la perçoit pas encore de la même manière, mais pour moi le chemin est clair. Lawal Band est donc un groupe dans son expression artistique, mais c’est d’abord une vision forte que je construis et que je fais avancer avec la conviction qu’elle peut aller très loin.

Quelle place a la scène dans ton projet et dans ton cœur ?

LB : La scène, pour moi, est un vrai rêve éveillé. Dès que je monte dessus, je me sens libre et heureux. J’adore entendre les applaudissements, les youyous, et voir le public danser et chanter avec moi. Ces instants sont tout simplement les meilleurs.

Ta plus grande qualité en tant qu’artiste ?

LB : Le partage.

Et ton plus grand défaut aussi ?

LB : je ne suis jamais satisfait de mon travail !

Un objet dont tu ne peux pas te passer au quotidien ?

LB mon téléphone.

Les 3 derniers morceaux que t’as écoutés aujourd’hui, et sans tricher !!

LB : j’ai écouté Richard Bona, Fatoumata Diawara et mon futur projet que je suis en train d’enregistrer dans mon home studio.

Les 3 derniers morceaux que t’as écoutés aujourd’hui, et sans tricher !!

LB : j’ai écouté Richard Bona, Fatoumata Diawara et mon futur projet que je suis en train d’enregistrer dans mon home studio.

Un fait d’actualité récent qui t’a marqué un peu plus que les autres… ?

LB : La guerre dans le Golfe me brise le cœur. Je pense aux innocents qui perdent la vie pour rien, et cela me rend profondément triste. Il est urgent que cette violence cesse.

Ton réseau social préféré ? Pourquoi ?

LB : Je n’ai vraiment pas de préférence, tous sont importants.

Quels sont tes objectifs pour 2026 en tant qu’artiste ?

LB : Je prépare de la nouvelle musique et j’ai hâte de la partager avec vous : un single, ou peut-être un maxi single, sortira avant la fin de l’année.

Un dernier mot pour la fin ?

LB : La musique parle pour moi. Que la lumière continue de briller. Merci à tous ceux qui croient en moi.

Lawal Band est de ces artistes rares qui n’ont pas choisi la musique par hasard, mais qui ont été choisis par elle. De l’enfant solitaire qui vendait de la canne à sucre pour aller à l’école au musicien qui fait vibrer les scènes, le chemin est long, mais la direction n’a jamais vacillé. En 2026, il revient avec de nouveaux titres et une vision toujours plus grande. Une chose est certaine : la lumière brille, et elle n’est pas près de s’éteindre.



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