Auteur-interprète aux frontières de la musique et de l’imaginaire, Karel dévoile avec « RÉ-UNION » un nouveau chapitre de son univers artistique. À travers cette interview, il revient sur ses premières émotions musicales, ses inspirations, sa collaboration avec Blandine Elliral, son rapport à l’intelligence artificielle et ses ambitions pour la suite de son parcours.
Comment as-tu commencé la musique ? Quel a été l’élément déclencheur ?
Karel : L’élément déclencheur a été en trois phases.
Pour la première phase, c’est Daft Punk avec « Around the World ». Découvrir ce clip à la télévision à sa sortie a été une explosion cosmique. J’avais 12 ans et j’étais déjà bercé par la pop culture avec des Å“uvres comme Astroboy, Cobra, Gunnm, Robocop, Retour vers le futur…
La deuxième phase a été l’album « Discovery » (2001) avec ses clips animés, puis « Interstella 5555 » (2003), l’Å“uvre de Leiji Matsumoto en collaboration avec nos deux robots frenchies, et là , ça a été le déclic complet.
Pour la troisième phase, fin 2004, j’ai fait une reprise du morceau « Something About Us » issu du même album. Je me rappelle l’avoir réalisée sur le logiciel Audacity. J’avais écrit des paroles complémentaires et imaginé ça comme un featuring imaginaire. Cela a donné une version qui a interpellé mon entourage, qui m’a ensuite motivé dans cette direction.
Qu’est-ce qui t’a inspiré pour écrire « RÉ-UNION » ? Quel a été le point de départ ?
Karel : Mon précédent univers avant le reboot, « Prologue », était basé sur une histoire de quête amoureuse hors du temps et de l’espace. Ne pouvant pas exploiter « Something About Us » en tant qu’artiste émergent et par amour / respect pour Daft Punk, j’ai produit un titre « My girl, my world » sur mon EP « Prologue », inspiré de la trame de mon remix cover. Mais il me manquait une direction artistique ancrée, mature, et je voulais, à travers ce reboot, rendre hommage avec un fil conducteur autour de l’arc des cinq blessures de l’âme. Une version 2.0 estivale sur les relations amoureuses.
D’ailleurs, comment s’est faite la rencontre avec Blandine Elliral pour ce projet ?
Karel : La rencontre s’est faite grâce à Ikaruga, qui connaissait Blandine Elliral et qui la voyait clairement sur le refrain espagnol de « RÉ-UNION ». Quand j’ai entendu son grain de voix et sa sensibilité, j’ai tout de suite senti que quelque chose pouvait se passer.
Il nous a mis en contact, le feeling a été naturel, et elle m’a fait confiance. Je lui ai laissé une vraie place dans la création, notamment dans la mélodie et l’écriture du refrain en espagnol. Aujourd’hui, avec le recul, je trouve que sa présence donne au morceau cette lumière et cette chaleur humaine dont il avait besoin.
Il semblerait que tu aies intégré l’IA dans ton processus créatif. Que penses-tu de cet outil en tant qu’artiste ? Comprends-tu que beaucoup soient encore aujourd’hui réfractaires à son utilisation dans le monde de la musique ?
Karel : Au départ, j’étais assez réticent à l’IA. Avec le temps, j’ai compris que, utilisée avec une intention claire, elle pouvait devenir une extension créative intéressante, sans remplacer l’humain.
Je reste maître à bord : l’écriture, l’inspiration, la vision, la direction artistique et la musique restent profondément humaines et organiques. L’IA intervient surtout comme un outil d’extension visuelle et narrative, notamment pour donner forme à des idées de science-fiction ou de multivers que je n’aurais pas les moyens de produire avec une équipe de cinéma traditionnelle.
Je comprends totalement les artistes ou auditeurs qui restent réfractaires. C’est pour ça que j’essaie d’avoir une approche transparente et dosée : la technologie ne remplace pas le cœur du projet, elle prolonge mon imaginaire.
Les trois derniers morceaux que tu as écoutés aujourd’hui, et sans tricher !!
Karel : Ninho : « +971 », Suzanne : « Mouvement » et Dakeez : « J’oublierai ». Dans cet ordre précis, promis ! (rires)
Un fait d’actualité récent qui t’a marqué un peu plus que les autres ?
Karel : La fin du disque physique annoncée par PlayStation, les réactions au-delà de la sphère gaming avec ses répercussions, la fin d’une ère, d’un mood que les plus jeunes ne connaîtront pas…
Quelle place occupe le live dans ton projet aujourd’hui ?
Karel : Le live occupe une place très importante dans mon projet. C’est là que se vit la vraie connexion avec le public après les phases de construction jusqu’au studio. Une fois qu’on a goûté à la bonne osmose avec le public, en tout cas pour ma part, on devient accro !
Quels sont tes objectifs pour 2026 en tant qu’artiste ?
Karel : Continuer la promotion de « RÉ-UNION », développer « Transcendance », préparer « Karel x Stella : La Renaissance », et remettre progressivement le live au centre. « Transcendance » n’est qu’une introduction à mon univers global. L’objectif à long terme serait de proposer plus en profondeur ma vision créative avec son multivers narratif, visuel et musical, car j’ai encore grandi artistiquement parlant depuis la mise en place de ce projet en 2023.
Un dernier mot pour la fin ?
Karel : Merci pour ce moment en aparté, pour ce temps accordé, et bienvenue à toutes les nouvelles personnes qui découvriront mon multivers créatif ainsi que mon narratif visuel.
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