Alors que son album « Synopsis » continue de faire son chemin dans les oreilles du public français, Stan Mathis nous ouvre les portes de son univers créatif. Artiste accompli, compositeur exigeant et passionné de cinéma, il revient sur la genèse de son dernier projet, ses méthodes de travail et sa vision de la jeunesse. Plongée dans l’esprit d’un musicien qui ne cesse de se réinventer.
Comment as-tu commencé la musique ? Quel a été l’élément déclencheur ?
S.M. : J’ai commencé à l’adolescence, baigné par un environnement familial où on écoutait beaucoup de musique. Je me suis donc tout naturellement mis à la guitare pour ressentir en jouant les émotions fortes que je ressentais en tant qu’auditeur.
Qu’est-ce qui t’a inspiré pour écrire « La jeunesse a tous les droits » ? Le point de départ ?
S.M. : C’est le film « Un parfait inconnu » avec Timothée Chalamet retraçant le début de carrière de Bob Dylan : ce mélange d’insouciance, de talent, d’intuition, de désir de liberté, je trouve cela fascinant, et très représentatif de ce qu’est la jeunesse, cette époque bénie où s’ouvrent tous les possibles.
Et d’ailleurs, pourquoi avoir appelé ton dernier album « Synopsis » ?
S.M. : En référence à ma passion pour le cinéma. L’album est très instrumental, s’inspirant par certains côtés de musiques de films avec la présence notamment d’un orchestre symphonique, d’interludes entre les morceaux, pensés comme des saynètes, et des fragments de dialogues de films, ou de textes lus insérés dans les chansons. L’avoir enregistré en partie à Abbey Road, à Londres, dans le studio des Beatles, renforce évidemment cette dimension mythique !
Question délicate… Donne-nous ton titre préféré sur ce projet ! Et aussi celui qui te tient le moins à cœur ?! (et pourquoi)
S.M. : C’est toujours difficile de choisir, car ce sont toutes des concrétisations d’une idée bien définie au départ, venant de quelque chose qui me touche tant sur le plan des idées (textes) que des sons (musique). De fait, choisir est impossible ! Toutefois, un enjeu important est souvent de comparer le résultat final par rapport à l’intention de départ. En ce sens, je peux dire que la chanson « Imola » ou « Je n’oublie rien » correspondent bien à ce que j’avais en tête au départ. Et sincèrement, sur ce disque, je n’ai pas de déception, donc je ne peux pas citer de chanson moins aboutie !
Quelle est ta façon de composer ? Ta méthode de travail ? D’abord les paroles ou d’abord la musique ?
S.M. : Chaque album est pour moi l’occasion d’un process différent. Je me l’impose comme une contrainte afin d’éviter la redite, et me renouveler en me challengeant : j’ai fait mon 1er album sur la base de maquettes très abouties, j’en ai fait d’autres avec tous les textes écrits à l’avance, le précédent enregistré quasiment dans les conditions du live…
Pour celui-ci, vu le parti pris « cinématographique », je voulais composer et enregistrer toutes les parties instrumentales avant d’écrire les textes. J’avais toutefois tous les thèmes, les sujets, mais je souhaitais me laisser influencer par les mélodies, les arrangements, le jeu des musiciens, pour le placement vocal, le rythme de la phrase…
Ta plus grande qualité en tant qu’artiste ? Et ton plus grand défaut aussi ?!
S.M. : Enregistrant des albums depuis une quinzaine d’années, je crois pouvoir dire désormais que je sais comment arranger une chanson, partir d’une idée pour la matérialiser ensuite avec l’habit qui lui conviendra le mieux ! Mon défaut serait sans doute lié à cela, au sens où ça me prend beaucoup de temps ! Je fais beaucoup d’essais de tentatives, là où d’autres sont plus intuitifs…
Un objet dont tu ne peux pas te passer au quotidien ?
S.M. : J’ai toujours un médiator dans ma poche pour jouer de la guitare !
Les 3 derniers morceaux que t’as écouté aujourd’hui, et sans tricher !!
S.M. :
« Let It Happen » de Tame Impala
« Run Boy Run » de Woodkid
« The Stars are out tonight » de David Bowie
Un fait d’actualité récent qui t’a marqué un peu plus que les autres… ?
S.M. : Ces derniers temps, et je l’évoque dans cette chanson « La jeunesse a tous les droits », c’est la revendication du droit des femmes qui me touche. Je trouve que c’est une question qui nous concerne tous.
Quels sont tes objectifs pour 2026 en tant qu’artiste ?
S.M. : Une belle tournée de concerts, qui s’annonce prometteuse avec beaucoup de dates à venir un peu partout en France.
Un dernier mot pour la fin ?
S.M. : Je suis très heureux de faire enfin écouter cet album, et de le jouer en concert ! C’est toujours très important de confronter son travail à l’écoute des gens, ça permet de faire vivre sa créativité !
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