Elle chante avant même de savoir parler, compose ses premières chansons à 15 ans, passe par La Nouvelle Star, écrit des comédies musicales, dirige des chorales, coach des voix… Dame de Caro n’est pas une artiste comme les autres. Avec le single « Mon monde à moi » tout juste sorti et l’EP « Nouveau Monde » attendu en mai 2026, elle entre dans une nouvelle dimension. Rencontre avec une femme qui ne fait rien à moitié.
Comment as-tu commencé la musique ? Quel a été l’élément déclencheur ?
DC. D’après mes parents, je chantais avant même de savoir parler. Dès un an ou un an et demi, je chantonnais déjà, et j’ai même des enregistrements de moi à deux ans et demi en train de chanter mes petites chansons. La musique a donc toujours été présente dans ma vie, presque instinctive. J’ai commencé par des cours particuliers, puis j’ai intégré une chorale. J’ai eu la chance de chanter dans le chœur de la comédie musicale « Oliver » à la Bastille, à Paris, quand j’avais une douzaine d’années. En parallèle, j’ai beaucoup fait de théâtre, ce qui est une autre grande passion. Pour moi, la scène, que ce soit sur un plateau ou sur scène musicale, c’est un moyen naturel de partager mes émotions et de transporter les gens dans mon univers. J’ai ensuite continué à chanter dans différents projets, comme des groupes pour enfants, des adaptations musicales, et surtout avec mon père, qui joue de la guitare électrique dans un groupe semi-professionnel, on adorait enregistrer des covers dans son mini home-studio, j’avais 13 ans à l’époque. Il m’a transmis le goût de la musique, tout comme ma mère, qui était plutôt orientée danse, mais chez nous, la musique était omniprésente. Mes frères jouent eux aussi beaucoup de musique, j’ai d’ailleurs fait partie d’un groupe avec mon grand-frère Nico quand j’étais ado. J’ai baigné dedans et je continue… Mes influences sont très éclectiques : Sting, Michael Jackson, Amy Winehouse, Tchaïkovski, Mariah Carey, Céline Dion, Aerosmith, Alice Cooper… mais aussi la musique celtique, le gospel, mes deux films cultes étant Sister Act I et II, que j’ai pratiqué dans plusieurs chorales, et dont j’ai même dirigé une pendant cinq ans. Tout cela nourrit mon écriture et ma composition. L’élément déclencheur ? Je crois que j’ai toujours voulu chanter, et peu importe les chemins que j’ai pris, la musique revenait toujours au galop. J’ai écrit mes premières compositions à 15 ans, comme « Reconstruire ma vie », qui témoigne déjà de mon envie de transmettre des émotions fortes. La musique m’a permis de traverser des périodes difficiles dans ma vie et de transformer mes expériences en force et en créativité. Aujourd’hui, je suis chanteuse, mais aussi professeure de comédie musicale et coach vocale. J’écris des comédies musicales pour enfants et adultes et je dirige des groupes de chant. Avec ce nouvel EP, « Nouveau Monde », mon objectif est de continuer à développer mon univers et à partager mon « nouveau monde » avec le plus grand nombre, après déjà deux opus : « Les Dés sont jetés » (2016) et « Life » avec mon ancien groupe Diamond and ze Katz (2021).
Qu’est-ce qui t’a inspiré pour écrire « Mon monde à moi » ? Le point de départ ?
DC. Le point de départ de « Mon monde à moi », c’est le refrain. La mélodie et les mots sont venus ensemble : « Depuis que t’es venu au monde, t’as à peine le temps de poser un pas, tu ne dois pas perdre une seconde, il faut courir comme tout le monde et marcher droit ». À partir de cette phrase, j’ai développé le reste du texte. Cette chanson parle de mes propres expériences face à des périodes de burnout et de dépression. J’ai récemment appris que je suis atteinte d’un trouble bipolaire, et j’ai toujours senti que mes émotions étaient puissantes et parfois difficiles à gérer. Mais je voulais créer une chanson universelle, qui puisse parler à tous ceux qui traversent des moments difficiles, qu’ils soient diagnostiqués ou non. Pour moi, « Mon monde à moi » explore l’idée que, même dans un système qui nous pousse à courir, à entrer dans un moule, à devenir adulte trop vite, il est possible de se reconnecter à soi-même. On oublie souvent l’enfant que nous étions, celui qui posait ses premières fondations, celui qui savait ressentir et rêver pleinement. Mon monde à moi, c’est un peu le monde de cette petite fille en moi que j’ai parfois malmenée. Cette chanson est comme lui tendre la main, l’accompagner dans la vie d’adulte, et lui rappeler qu’on peut toujours se reconnecter à sa propre essence. C’est aussi un message de pardon, de lâcher-prise et de retour à ce qui nous définit vraiment : nos valeurs, notre sensibilité, notre lumière intérieure. « Mon monde à moi », c’est donc un voyage vers son enfant intérieur et un rappel qu’on peut toujours se réinventer en restant fidèle à soi-même.
Dis-nous en plus sur ton nouvel EP qui verra le jour en mai 2026 ? Pourquoi l’avoir appelé « Nouveau Monde » ?
DC. J’ai choisi d’appeler mon EP « Nouveau Monde » après avoir pris le temps de trouver le titre qui résonnait vraiment avec ce projet. Ce titre a plusieurs sens et crée une connexion entre différents aspects de mon univers. Tout d’abord, il fait écho à « Mon monde à moi » : ce monde que je construis aujourd’hui, avec tout ce que j’ai vécu et appris auparavant. Ce n’est pas un « nouveau » monde au sens strict, mais le fait de le conscientiser, de l’assumer pleinement et d’en être fière, pour moi, c’est déjà un nouveau départ. Il y a aussi un lien avec ma chanson « Nouveau Départ », issue de mon premier album « Les Dés sont jetés », sorti il y a dix ans. Cette chanson a eu un vrai succès, avec environ 150 000 vues sur YouTube, et aujourd’hui, elle devient une passerelle entre la jeune Caro de 26 ans et celle que je suis maintenant : une Caro 3.0, qui évolue musicalement, entourée de mes trois musiciens complices. Deux d’entre eux ont même co-composé certains morceaux de l’EP, et ils m’accompagneront aussi sur le futur album. « Nouveau Monde », c’est donc un peu le lien entre « Nouveau Départ » et « Mon monde à moi » : un monde dans lequel je vis aujourd’hui, pleinement consciente de mon parcours, de mon expérience et de ce que je construis chaque jour. Ce titre reflète l’idée qu’on peut créer un « nouveau monde » chaque jour en étant aligné avec soi-même, fier de son passé, attentif à son présent et ouvert à l’avenir. Pour parler du contenu, « Nouveau Monde » sera un EP quatre titres originaux, avec une cinquième chanson bonus qui proposera une version acoustique de « Mon monde à moi ». Je voulais offrir cette chanson de manière plus douce, plus intime et authentique, pour montrer toute sa profondeur et sa résonance, surtout qu’il s’agit du single que nous avons choisi de sortir en premier. L’EP sortira le 16 mai 2026 à la salle Jean Carmet à Allonnes (72), sur réservation. Ce sera une très belle soirée avec notre spectacle, vente d’albums et de merchandising, et probablement une première partie. Je communiquerai toutes les informations détaillées en temps et en heure dans les semaines à venir.
Quelle place a la scène dans ton projet et dans ton cœur ?
DC. La scène, c’est toute ma vie. Depuis toute petite, j’ai toujours voulu être actrice et chanteuse. Je me souviens que, quand on partait en club vacances, ce qui m’intéressait le plus, c’était de monter sur scène, de jouer, de m’amuser, de créer des spectacles avec les animateurs. J’ai toujours eu cette part de moi sociable, sensible, un peu espiègle, qui adore partager et transmettre. J’ai été bercée par les comédies musicales comme « Notre-Dame de Paris » ou « Roméo et Juliette », et ça m’a fascinée : le mélange de musique, de théâtre, de corps, d’émotions. Cette passion m’a naturellement conduite à devenir professeure de comédie musicale en plus de mon métier de chanteuse, et j’ai écrit environ une quinzaine de comédies musicales ces sept dernières années. J’adore mettre en scène et créer des histoires qui transportent le public. Pour le spectacle qui accompagne la sortie de mon EP « Nouveau Monde », je parle bien d’un spectacle, pas simplement d’un concert. On a travaillé en résidence pour proposer un show musical avec une vraie mise en scène, où chaque chanson est liée à la suivante, comme si on racontait une histoire de bout en bout. L’idée, c’est que le public entre dans notre univers et en ressorte transformé, après avoir voyagé à travers ses émotions : l’amour, l’indignation, la tristesse, la joie… beaucoup de joie, parce que nos chansons sont très introspectives et malgré des étapes difficiles il n’en ressort que des choses positives. C’est le but, se libérer, accueillir. Notre musique est pop électro, dynamique, et on veut que le public bouge, danse, se libère. Pour ça, on a travaillé en résidence avec un technicien son et un technicien lumière pour peaufiner les transitions, les ambiances et les effets visuels. Mon objectif, c’est que le spectacle devienne une véritable expérience immersive, avec la lumière, la vidéo et tous les éléments scéniques qui racontent l’histoire du début à la fin, plutôt que simplement assister à un concert. La scène, pour moi, c’est le cœur de mon projet et de ma vie artistique. C’est là où je me sens entière, connectée aux autres, et où je peux partager mon univers avec sincérité et énergie.
Ta plus grande qualité en tant qu’artiste ? Et ton plus grand défaut aussi !
DC. Je pense que ma plus grande qualité, c’est ma générosité. Je suis quelqu’un de très accessible, très humaine, très empathique. Sur scène, je ne calcule pas, je ressens. Mon objectif, ce n’est pas simplement de chanter juste ou d’assurer un show, c’est de transmettre. Je veux que le public ressente ce que je ressens, qu’il voyage avec moi. On me dit souvent que je « transpire » l’émotion sur scène. Je crois que c’est vrai. Je donne tout. Il y a quelque chose de très instinctif, presque viscéral. J’aime rassembler, créer du lien, faire en sorte que les gens se sentent bien, qu’ils vivent quelque chose. Si je devais résumer, je dirais que ma plus grande force, c’est cette capacité à toucher et à unir. Mon plus grand défaut ? Il y en a plusieurs (rires). Déjà, j’ai des petits tics scéniques. Je bouge beaucoup les bras, les mains, je suis très expressive. J’ai des origines méridionales et ça se voit jusque dans ma façon de chanter. Je hausse aussi souvent les sourcils, je vis chaque mot intensément. Ce sont des choses que je travaille tous les jours pour canaliser mon énergie et maîtriser davantage mon corps sur scène. Et puis je suis perfectionniste, exigeante. Quand j’ai une idée en tête, j’aime aller au bout. Ça peut parfois bousculer mon ego quand on me propose de modifier une création qui vient de moi. Mais j’ai appris, avec le temps, que la remise en question est une richesse. Aujourd’hui, je sais collaborer, écouter, transformer une idée sans me sentir dépossédée. Et je crois que ça fait aussi partie de mon évolution artistique.

Un objet dont tu ne peux pas te passer au quotidien ?
DC. Sans aucune hésitation : mon doudou. Il s’appelle Nounours Petit et je l’ai depuis ma naissance. Il m’a accompagnée partout. Vraiment partout. C’est très rare que je le laisse quelque part. Et si je le fais, c’est uniquement par peur de le perdre, donc je me force à le laisser en sécurité. Mais sinon, il est toujours avec moi. Par exemple, j’ai longtemps été phobique de l’avion. La première fois que j’ai pris un vol, je l’avais serré dans ma main au moment du décollage. Il a traversé toute ma vie avec moi. Mon enfance, mon adolescence, mes moments difficiles, mes passages à vide, mes grandes joies aussi. C’est mon confident silencieux, mon témoin. D’ailleurs, j’ai écrit une chanson à son sujet, « Le Reflet de mon âme », sur mon premier album. À l’époque, on m’avait lancé le défi d’écrire une chanson sur moi. J’étais trop pudique pour le faire directement. Alors j’ai choisi de parler de moi à travers lui. Parce qu’en lui parlant, c’était plus facile. Il est le reflet de tout ce que j’ai vécu. Si on me demandait de partir sur une île déserte avec un seul objet, ce serait lui. Même s’il ne me servirait à rien concrètement, il serait là. Et parfois, c’est tout ce qui compte.
Les 3 derniers morceaux que tu as écoutés aujourd’hui, et sans tricher !
DC. Sans tricher… « Mon monde à moi », forcément. Il vient de sortir, donc je l’écoute beaucoup en ce moment. Je regarde les retours, je vérifie que tout est bien en ligne, je vis un peu avec lui ces jours-ci. Ensuite, « Feel Good » de Charlotte Cardin. J’aime beaucoup ce qu’elle dégage, il y a quelque chose de très épuré et sincère dans ce morceau. Et enfin « She » de Elvis Costello. Je suis en train de l’apprendre au piano. En ce moment, je m’exerce à jouer les morceaux des autres, parce que ça me fait du bien d’avoir des moments de musique juste pour moi, sans penser au travail. Ça me permet de progresser autrement, de me reconnecter à l’essence même de la musique.
Un fait d’actualité récent qui t’a marquée un peu plus que les autres ?
DC. Il y a beaucoup de choses dans le monde qui me touchent au quotidien : la misère, la guerre, certaines décisions politiques… mais récemment, ce qui m’a le plus marquée, c’est la sortie du livre de Gisèle Pelicot, qui revient sur l’affaire des viols de Mazan. Cette histoire m’a profondément touchée, car je suis très sensible à ce type de situations ayant moi-même vécu des choses difficiles dans mon enfance. Il y a d’ailleurs une chanson dans mon premier album, « L’Hameçon », qui évoque le sujet, que mon grand frère a écrite, car à l’époque je n’arrivais pas à m’exprimer directement sur le sujet. Plus récemment, j’ai écrit une nouvelle chanson intitulée « Mes sœurs », qui s’adresse aux femmes et aux petites filles victimes d’agressions, d’attouchements ou de violences et qui ne sont pas toujours crues ou prises au sérieux. Ce type d’actualité me rappelle combien il est important de se soutenir et de se sentir moins seul face à ces épreuves. Gisèle Pelicot est une femme extraordinaire que j’admire. Elle me renforce dans ma conviction que, malgré les horreurs que l’on peut subir, on peut survivre, se reconstruire et avancer. C’est aussi ce que j’essaie de transmettre à travers ma musique : reconnaître la douleur, mais garder la tête haute, trouver sa place et créer son propre « nouveau monde » malgré tout.
Ton réseau social préféré ? Pourquoi ?
DC. Pendant longtemps, mon réseau social préféré a été Facebook, parce que c’était le premier que j’ai utilisé. Quand j’étais adolescente, c’était vraiment à la mode, et j’y partageais beaucoup de choses. D’ailleurs, c’est là où j’ai encore le plus d’abonnés, presque 3 000 aujourd’hui. Depuis environ un an, j’ai complètement arrêté Facebook et je me suis mise à Instagram. J’avais déjà une page, mais je n’étais pas très régulière avant. Aujourd’hui, Instagram est devenu mon réseau social préféré : j’y passe beaucoup de temps, et je trouve que c’est très efficace pour partager mon univers, mes projets, mes photos… C’est plus professionnel et moins “matuvu” que Facebook, où tout et n’importe quoi peut être partagé. En revanche, je dois avouer que TikTok, c’est encore un challenge pour moi. J’ai du mal à m’y mettre, même si je sais que c’est un réseau où les artistes peuvent vraiment se faire connaître. Mais je compte bien m’y mettre sérieusement prochainement !
Quels sont tes objectifs pour 2026 en tant qu’artiste ?
DC. Pour 2026, mes objectifs sont assez clairs et excitants ! Déjà, il y a la sortie de mon single qui vient tout juste de sortir, une étape importante. Ensuite, l’EP « Nouveau Monde » sortira en mai, et avant ça, nous avons une campagne de communication bien organisée pour donner envie aux gens de venir au concert de sortie, mais aussi pour précommander l’EP. On mettra en place du merchandising pour proposer aux fans des objets liés à l’EP. Ensuite, l’objectif principal, c’est vraiment de faire vivre notre spectacle sur scène. On travaille déjà sur le booking pour trouver des dates pour une tournée cet été 2026, mais aussi sur la saison hivernale jusqu’en 2027. Le but est de se faire connaître davantage, de diffuser nos morceaux et de monter en puissance. Enfin, tout ce projet prépare la suite : un album qui sera la concrétisation de tout ce travail et de cet univers que j’ai commencé à développer avec l’EP.
Un dernier mot pour la fin ?
DC. Je crois que je ne cesserai jamais d’avoir envie de m’exprimer et de partager avec mon public. Avec sincérité, avec amour. Et c’est ce mot-là qui résume tout : amour. Toute ma vie est remplie d’amour, même au milieu des épreuves et des souffrances. C’est exactement ce que je veux transmettre avec « Nouveau Monde » et avec ma musique : donner de l’amour aux gens, créer un vrai partage, une connexion. Quand les gens m’écoutent ou viennent me voir, j’ai envie qu’ils se sentent aimés, qu’il se passe quelque chose de beau entre nous. C’est pour ça que je fais ce métier, et je continuerai malgré les difficultés, surtout quand on est artiste autoproduite. Mais pour moi, c’est trop précieux de pouvoir toucher des inconnus avec mes textes, de recevoir des témoignages d’amour, comme pour « Nouveau Départ », où certaines personnes m’ont même raconté qu’elles se sont mariées sur cette chanson. Il y a beaucoup de tristesse et de dureté dans le monde, mais si on s’accroche aux belles choses, si on garde notre monde à nous, notre nouveau monde, on peut continuer à avancer et à créer quelque chose de lumineux. Et aussi : MERCI.
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