Entre confidences voilées, mélodies suspendues et quête de sincérité, Jinkgo construit un univers où chaque chanson ressemble à une photographie brûlée par le temps. Derrière ce nom inspiré du Ginkgo biloba se cache un artiste qui avance avec pudeur, transformant les blessures, les souvenirs et les silences en matière sonore. À travers cette interview, il revient sur ses débuts, la naissance de « Élodie », sa manière de composer et les ambitions qu’il nourrit pour 2026.
Comment as-tu commencĂ© la musique ? Quel a Ă©tĂ© l’Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur ?
Jinkgo : J’ai commencé la musique assez tard, vers 17 ans, en chantant des reprises. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment pris conscience que la musique pouvait devenir un moyen d’expression pour moi.
Quelques années plus tard, j’ai appris le piano, vers 20 ans. Avec le recul, j’aurais aimé commencer plus tôt, mais quand on est enfant, on ne réalise pas toujours ce que l’on pourrait développer.
J’ai grandi avec les chansons des annĂ©es 60 : Adamo, Hugues Aufray, Françoise Hardy, Claude François et tant d’autres… Ă€ une Ă©poque oĂą je n’avais pas encore Internet, j’écoutais des 45 tours, ce qui a forcĂ©ment influencĂ© ma sensibilitĂ© musicale.
Le véritable élément déclencheur, ça a été ce besoin d’exprimer des choses qu’on n’arrive pas toujours à dire autrement. La musique m’a permis de transformer des émotions en quelque chose de partageable, et de créer un lien avec les gens.
À partir du moment où j’ai compris que je pouvais toucher quelqu’un avec une chanson, j’ai su que je devais continuer.
Qu’est-ce qui t’a inspirĂ© pour Ă©crire « Élodie » ? Le point de dĂ©part ?
Jinkgo : Je pense que tous les artistes gardent en eux des souvenirs qui ont marqué un moment de leur vie. Ça peut être une personne, une relation, un instant… et quand cela disparaît, il reste quelque chose, une trace, un manque.
« Élodie » part de cette idée-là .
La chanson s’inspire d’une histoire personnelle, mais je ne cherche pas à la raconter de manière directe. Il y a des choses qui restent difficiles à formuler, des choix de vie, des moments où l’on n’est pas prêt à tout dire.
Alors je préfère passer par la musique. C’est une manière de transformer quelque chose d’intime en émotion, et de le partager sans forcément tout expliquer.
Ce qui m’intéresse, ce n’est pas seulement l’histoire en elle-même, mais ce qu’elle provoque : ce sentiment d’absence qui ne disparaît jamais vraiment.
On remarque que tu as déjà dévoilé pas mal de singles, est-ce qu’un album pourrait bientôt pointer le bout de son nez ?
Jinkgo : À l’origine, les titres que je dévoile aujourd’hui en single faisaient partie d’un album de 12 morceaux, enregistré sous mon identité personnelle.
Mais il y a quelques années, l’une de mes chansons est devenue virale, dans un contexte qui ne m’a pas forcément été favorable. Cette exposition m’a fait prendre conscience que je me dévoilais peut-être trop directement, et que je n’étais pas encore prêt à assumer pleinement cette visibilité.
C’est à ce moment-là qu’est né Jinkgo.
Ce personnage me permet aujourd’hui d’exprimer les choses avec plus de liberté, de dire ce que je ressens sans filtre, tout en gardant une certaine distance. Il m’a aidé à transformer cette expérience en quelque chose de constructif, et à avancer sans crainte.
Depuis, j’ai aussi produit un EP de 4 titres, et je continue à développer mon univers pas à pas.
L’idée d’un nouvel album est toujours présente, mais aujourd’hui je préfère avancer progressivement, en laissant chaque morceau s’installer et trouver son public.
Quelle est ta façon de composer ? Ta méthode de travail en studio ?
Jinkgo : Je compose généralement à la guitare électro-acoustique. Tout commence par une ambiance : j’essaie de créer un climat, une émotion. Je cherche une suite d’accords, un rythme, et en même temps, une mélodie et des mots commencent à apparaître.
Le texte et la mélodie naissent ensemble. Parfois, ça vient assez naturellement, parfois il faut laisser reposer. Il m’arrive de ne rien trouver sur le moment, puis d’avoir une idée le lendemain, parfois juste quelques notes. Ce sont souvent ces idées simples qui donnent les mélodies les plus marquantes.
Une fois cette base posée, j’affine le texte et j’assemble les différentes parties pour construire la structure du morceau. J’enregistre ensuite une maquette que je propose à l’ingénieur du son, qui est aussi arrangeur.
Si la base est solide, on développe le titre ensemble. On commence par poser les fondations, batterie, basse, à partir d’une structure bien définie, puis on ajoute les guitares et les arrangements.
La voix arrive ensuite, et demande beaucoup de travail en termes de justesse et de mise en place. Viennent alors les derniers ajustements pour soutenir l’interprétation. On termine enfin par les étapes de mixage et de mastering.
C’est un processus assez instinctif au départ, qui devient de plus en plus précis au fur et à mesure que le morceau prend forme.

« Jinkgo », est-ce que cela a une signification particulière ? Pourquoi avoir choisi ce nom d’artiste ?
Jinkgo : En tant que Jinkgo, ce seraient plutôt deux objets, car l’un ne va pas sans l’autre : ma casquette de l’Hermione et mes lunettes de soleil.
Je les porte souvent ensemble, parfois posées sur le front, parfois sous la visière. Elles font partie du personnage.
Il y a une dimension presque “aviateur” dans cette image : quelqu’un qui traverse les paysages, les émotions et les souvenirs, en prenant de la hauteur.
La casquette de l’Hermione a une signification particulière pour moi. Cette frégate est un symbole de liberté et d’indépendance, et en tant que Breton, elle fait aussi partie de mon identité.
Ce sont des objets simples, mais qui accompagnent mon univers et ma manière d’incarner Jinkgo.

Les 3 derniers morceaux que tu as écoutés aujourd’hui ? (et sans tricher hein ! ^^)
Jinkgo : Aujourd’hui, j’ai notamment écouté Laurem, une artiste encore peu connue que j’aime beaucoup. J’ai écouté son titre « Envie », mais elle a plusieurs chansons qui méritent vraiment d’être découvertes.
J’écoute souvent des artistes un peu dans l’ombre, dans lesquels je me reconnais. On est nombreux à chercher notre public, et j’aime cette idée que chacun avance à sa manière. C’est aussi ce qui me donne envie de découvrir de nouvelles choses, plutôt que d’entendre toujours les mêmes titres tourner en boucle.
J’ai aussi écouté « J’ai rêvé d’être artiste » de Arthur Mess, un morceau qui résonne forcément quand on fait ce métier.
Et enfin, Nalya avec « Tes mots brillent », dont j’apprécie beaucoup l’univers.
Un fait d’actualité récent qui t’a marqué un peu plus que les autres… ?
Jinkgo : Oui, récemment, un fait m’a particulièrement marqué : une personne déclarée morte qui est revenue à la vie plusieurs heures après un arrêt cardiaque.
C’est quelque chose d’assez incroyable, presque irréel.
Mais au-delà de l’événement en lui-même, ce qui me touche, c’est ce que ça symbolise : cette idée de ne jamais abandonner, de toujours croire, même quand tout semble perdu.
C’est une vision qui me parle beaucoup, et que j’essaie aussi de porter à travers ma musique : continuer d’avancer, croire en ce qu’on fait et en la vie.
Quels sont tes objectifs pour 2026 en tant qu’artiste ?
Jinkgo : Pour 2026, l’objectif est d’abord de continuer à faire vivre mes titres : les promouvoir, les accompagner avec des clips et leur donner la visibilité qu’ils méritent.
Je souhaite aussi retourner en studio pour enregistrer de nouveaux morceaux et poursuivre le développement de mon univers autour de Jinkgo.
Au-delà de ça, mon objectif reste simple : que mes chansons trouvent les bonnes oreilles. Celles qui comprennent, qui ressentent et qui donnent envie d’aller plus loin.
Si cette connexion se crée, alors elle peut ouvrir la porte à de nouveaux projets, toujours plus aboutis et sincères.
Un dernier mot pour la fin ?
Jinkgo : Je terminerai simplement par une citation qui me parle beaucoup : « Ton intuition est ta boussole intérieure, elle te guidera là où tu dois aller. »
C’est ce qui me guide depuis le début, et c’est aussi une idée que je développe dans une prochaine sortie… à suivre.
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