Tom Poisson n’a jamais suivi la ligne droite. Vingt ans après son premier disque, l’auteur-compositeur-interprète de chanson française signe « Garçon(s) », son huitième album, disponible depuis cet été. Le clip de « N’IMPORTE QUOI », extrait du projet, est l’occasion de revenir sur une chanson née d’une phrase glissée par son père dans un poème, puis d’un aveu lâché dans la torpeur d’une maladie neuro-dégénérative. D’une situation triste, il a fait une chanson joyeuse, devenue au fil de l’écriture une chanson d’amour. Dans cette interview, il nous raconte ses débuts, la photo de famille devenue pochette, l’étrange lumière d’un vieux Polaroid, sa chanson dédiée au 47e président des États-Unis d’Amérique et ses projets pour 2027. On y croise aussi des poules bavardes, des moutons du Cameroun gourmands et un artiste qui préfère encore le vent dans les arbres à la playlist du jour. Entretien franc, drôle et sincère.

Bonjour Tom Poisson et merci de nous accorder cette interview ! Comment as-tu commencé la musique ? Quel a été l’élément déclencheur ?

TP : « Ton papa sait de moins en moins qu’il oublie … ». Je suis parti d’une phrase de mon père pour écrire cette chanson. Il l’a glissée au creux d’un poème qu’il m’a remis au soir de mes vingt ans, atteint qu’il était (ou craignant de l’être) par une célèbre maladie neuro-dégénérative. Quelques jours plus tard, dans sa torpeur, il m’a dit : « je fais n’importe quoi ». La situation était triste. J’en ai donc fait une chanson joyeuse. Au fil de l’écriture, c’est aussi devenu une chanson d’amour puisque le protagoniste s’adresse à celle qu’il aime.

Parle-nous du clip ! Où a-t-il été tourné ? Qu’as-tu voulu faire passer comme message/émotion à travers ce dernier ?

TP : Il est question du « vertige d’oublier », mais j’ai voulu dépasser le sens initial du texte et mettre en scène un homme en rupture qui a besoin de se reconnecter à lui-même, à la nature, au vrai.

Ton nouveau projet est dispo de partout depuis cet été. Pourquoi l’avoir appelé « Garçon(s) » ?

TP : Est-ce qu’il y a plusieurs façons d’être un garçon ? Enfant, je me posais souvent des questions de ce type. À l’adolescence, alors même que je côtoyais certains spécimens en classe de sport-étude football, ces interrogations se renforçaient. Bien sûr, il y a mille façons d’incarner la masculinité, j’en ai conscience, mais à l’heure d’un retour en force des valeurs masculinistes, j’avais envie de « remuer tout ça » et de nous interroger (en même temps que moi-même) sur cette thématique.

D’ailleurs, raconte-nous un peu l’histoire derrière la pochette du projet ? La photo nous a pas mal interpellés, on doit dire !

TP : Dans mes affaires, j’ai toute une série de Polaroid de famille que je traîne depuis toujours. Ces photos sont de petite taille et un peu ternes, vraiment pas flamboyantes. Finalement, en zoomant à l’intérieur de certaines d’entre elles, j’ai été surpris de la lumière qu’elles dégageaient. Celle qui est devenue la pochette a vraisemblablement été prise par mon père. J’ai 6 ans, mon frère en a 10, nous sommes sur la plage de Trenez dans le Finistère. Ces deux garçons regardent on ne sait quoi, au milieu des rochers et des algues vertes. Il y a de l’étrangeté dans cette photo.

Le morceau qui te tient le plus à cœur dans ce projet ? Et celui que tu aimes le moins au final ? Pourquoi ?

TP : Disons que je pourrais vous parler de chacune des chansons de l’album avec tendresse. Et surtout, toutes ensemble, elles forment un puzzle complet. C’est pour ça que même à l’ère des EP et des singles, je ne me résous pas à sortir autre chose qu’un album, pour justement raconter une histoire pleine.

Les 3 derniers morceaux que tu as écoutés aujourd’hui, et sans tricher !!

TP : Pas de musique aujourd’hui ! La musique me nourrit énormément, mais je n’en écoute pas forcément tous les jours. Par contre, aujourd’hui, j’ai entendu distinctement mes poules bavarder, mes moutons du Cameroun m’appeler (ils sont gourmands), et le vent dans les arbres.

Un fait d’actualité récent qui t’a marqué un peu plus que les autres… ?

TP : Les récentes annonces (hasardeuses) du 47e président des États-Unis d’Amérique. Je lui ai dédié une chanson sur l’album. Ça s’appelle « Les moustiques et les ronces ».

« Comme pour les moustiques et les ronces
Je m’interroge, tu sais
Souvent à ton sujet
Tu dois servir à quelque chose
Mais je ne trouve pas la réponse
Comme pour les moustiques et les ronces »

Ton réseau social préféré ? Pourquoi ?

TP : J’utilise volontiers Insta. Assez visuel et assez pratique pour communiquer et informer les gens de mon actu.

Quels sont tes objectifs pour 2027 en tant qu’artiste ?

TP : Devenir une reu-sta ! (rires …) Je vais déjà tenter de me faire plaisir en jouant les titres de l’album en live, dans une formule semi-acoustique avec plein d’instruments différents. Tout seul, mais avec plein d’instruments à mes côtés.

D’ailleurs, niveau concert, tu as des choses de prévues ?

TP : Il y a pas mal de concerts en novembre et en décembre, notamment le 16/12 à La Manufacture Chanson à Paris. RDV sur le site !

Un dernier mot pour la fin ? Si tu devais faire passer un message aux gens qui te découvrent aujourd’hui, ça serait quoi ?

TP : Ce n’est pas parce que tu es une fille que tu ne dois pas écouter l’album « Garçon(s) ». Au contraire.

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